SORTIES DE LA SEMAINE | 07.10.26
DUCOBU ET LE FANTÔME DE SAINT-POTACHE
| Vevey | Aigle | Orbe |
« Cette fois, même Ducobu a trouvé plus cancre que lui. »
Halloween approche et le professeur Latouche et Mademoiselle Rateau viennent d’emménager dans une nouvelle maison. Petit problème : elle est hantée par Anatole, qui n’est autre que le plus grand cancre de toute l’histoire de Saint-Potache. Un fantôme particulièrement farceur qui va rapidement semer la pagaille et entraîner Ducobu, Léonie, leurs parents et Kitrish dans une aventure où plus rien ne se passe comme prévu.
Charlie Garnier Naslin retrouve le célèbre pull jaune et noir de Ducobu, face à Élie Semoun toujours aussi remonté dans le rôle de Latouche. Émilie Caen, Frédérique Bel, Loïc Legendre et François Levantal reviennent également, tandis que Gérard Jugnot rejoint l’aventure dans le rôle de Kitrish.
Pour ce sixième film, Élie Semoun voulait justement sortir Ducobu de sa routine. L’univers d’Halloween lui a permis d’imaginer quelque chose de très différent des épisodes précédents, avec une maison hantée, un cimetière abandonné, des monstres, des effets spéciaux et une grande partie de l’histoire qui se déroule la nuit.
Le changement se ressent jusque dans le tournage : alors que les précédents films pouvaient passer plus d’un mois dans les décors de l’école, l’équipe n’y a tourné cette fois qu’environ une semaine. L’idée était de transformer l’univers familier de Ducobu en véritable petite comédie d’aventure et de frissons, tout en restant pensée pour les enfants.
Un Halloween version Saint-Potache, avec des fantômes, des bêtises et suffisamment de catastrophes pour mettre les nerfs de Latouche à rude épreuve. Une aventure familiale qui devrait surtout faire rire avant de faire peur.
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L’ODYSSÉE DE CÉLESTE
| Vevey |
« Une petite merveille pleine d’imagination, de douceur et d’émotion. »
Depuis son enfance, Céleste partage sa vie avec un robot qui veille sur elle et l’accompagne dans un rêve immense : devenir astronaute. Lorsque ce rêve se réalise enfin et qu’elle part pour sa première mission interstellaire, leurs chemins se séparent. Céleste affronte les dangers de l’espace tandis que, sur Terre, son fidèle compagnon découvre pour la première fois la solitude.
J’ai eu un véritable petit coup de cœur pour ce film. L’Odyssée de Céleste est une très belle histoire, racontée avec énormément d’inventivité et une vraie délicatesse. Derrière l’aventure spatiale, le film parle surtout de l’attachement, du temps qui passe, des souvenirs que l’on construit ensemble et de ce qui reste des êtres que l’on aime lorsqu’ils ne sont plus à nos côtés.
Kid Koala adapte ici son propre roman graphique Space Cadet, publié en 2011. Artiste aux multiples facettes, à la fois DJ, compositeur, illustrateur et auteur, il réalise son premier long métrage et signe également la musique. Et elle compte énormément : elle accompagne les émotions, les souvenirs et les silences avec beaucoup de finesse, au point de devenir presque un personnage du film.
L’univers visuel est tout aussi séduisant. Le film passe de moments très simples et intimes à une véritable aventure de science-fiction, tout en conservant cette douceur particulière qui traverse l’histoire. Il réussit aussi à aborder des thèmes comme la solitude, l’éloignement, le vieillissement et la perte sans jamais devenir pesant.
C’est touchant, parfois drôle, très beau musicalement et surtout rempli d’idées. Un film qui peut parler aux enfants comme aux adultes et qui m’a véritablement surprise par sa sensibilité. Une de ces petites découvertes que l’on est heureuse d’avoir faites.
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NOTRE SALUT
| Vevey |
« Jusqu’où peut-on aller simplement pour trouver enfin sa place ? »
Septembre 1940. La France vient de connaître la défaite et le régime de Vichy se met en place. Henri Marre, 49 ans, arrive seul à Vichy, sans argent ni relations et loin de sa femme et de ses enfants. Ingénieur convaincu de ses idées, il transporte avec lui les exemplaires d’un traité politique qu’il a publié à compte d’auteur : Notre Salut.
Henri voit dans cette nouvelle administration l’occasion d’obtenir enfin la reconnaissance professionnelle qu’il estime mériter. Il veut être utile, améliorer les méthodes, rendre les choses plus efficaces. Mais à mesure qu’il trouve sa place dans les rouages du régime, cette recherche de réussite personnelle se confond de plus en plus avec son engagement dans une administration qui participe à la collaboration.
Swann Arlaud incarne cet homme ordinaire sans chercher à en faire une figure spectaculaire. C’est justement ce qui rend le parcours d’Henri troublant : il avance par ambition, par besoin de reconnaissance, par conviction et par petites décisions successives. Le film observe ainsi comment une trajectoire intime peut progressivement se mêler à une histoire politique beaucoup plus vaste.
Emmanuel Marre est parti de sa propre histoire familiale. Henri est inspiré de son arrière-grand-père, qui travaillait dans l’administration de Vichy et avait réellement publié un ouvrage intitulé Notre Salut. Une tante du réalisateur avait également conservé près de 300 lettres échangées entre ses arrière-grands-parents pendant la guerre. Plusieurs passages entendus en voix off dans le film reprennent presque directement cette correspondance.
Plutôt qu’une grande fresque historique, le réalisateur choisit donc de regarder Vichy depuis le quotidien : les bureaux, les carrières, les logements, les ambitions et les compromis. Une manière particulièrement intéressante d’interroger la place des individus ordinaires dans un système politique et la facilité avec laquelle l’efficacité professionnelle peut finir par être mise au service de n’importe quelle cause.
Récompensé par le Prix du scénario au Festival de Cannes 2026, Notre Salut propose ainsi un regard singulier sur une période que l’on pense bien connaître, en choisissant de l’observer non pas à travers les grandes figures de l’Histoire, mais à hauteur d’un homme qui veut simplement réussir sa vie et qui, pour y parvenir, s’enfonce progressivement dans les rouages du régime.
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THE SOCIAL RECKONING
| Vevey | Montreux | Aigle |
« Après avoir raconté la naissance de Facebook, il est temps d’en regarder les conséquences. »
Près de vingt ans après la création de Facebook, Frances Haugen travaille au sein de l’entreprise lorsqu’elle découvre des documents internes qui soulèvent de sérieuses questions sur le fonctionnement de la plateforme et les choix de ses dirigeants. Elle décide alors de contacter Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal, avec lequel elle va progressivement mettre au jour ce qui deviendra l’enquête des « Facebook Files ».
Mikey Madison incarne Frances Haugen face à Jeremy Allen White dans le rôle de Jeff Horwitz, tandis que Jeremy Strong reprend le personnage de Mark Zuckerberg. Bill Burr, Betty Gilpin et Billy Magnussen complètent notamment le casting.
Seize ans après The Social Network, Aaron Sorkin revient donc à Facebook mais change complètement de perspective. Le premier film racontait l’ascension fulgurante d’une entreprise qui allait transformer Internet. The Social Reckoning s’intéresse à ce qui arrive lorsque cette plateforme est devenue tellement immense que ses décisions peuvent avoir des conséquences sur des centaines de millions de personnes.
Sorkin signe cette fois non seulement le scénario mais aussi la réalisation. Le film s’inspire directement du travail de Frances Haugen et de l’enquête publiée en 2021 par le Wall Street Journal à partir de milliers de documents internes de Facebook.
Jesse Eisenberg devait initialement être approché pour reprendre son rôle de Mark Zuckerberg. Aaron Sorkin a raconté avoir tenté de le convaincre pendant trois jours, mais l’acteur ne souhaitait plus être associé au fondateur de Facebook. C’est finalement Jeremy Strong, révélé notamment par Succession, qui lui succède.
The Social Reckoning ne cherche donc plus à raconter comment Facebook est devenu gigantesque, mais ce que signifie posséder une telle influence une fois que les conséquences commencent à apparaître. Un prolongement particulièrement intéressant de The Social Network, avec cette fois le regard tourné vers ce qui s’est passé après le succès.
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ROGER REY : A TOMBEAUX OUVERTS
| Vevey | Aigle | Monthey | Martigny |
« Tant qu’il reste un virage, rien n’est fini. »
Roger Rey a connu les grandes années du sport automobile suisse et couru aux côtés de certains des plus grands pilotes de son époque. Mais après la mort de son fils Alain, la compétition passe au second plan et Roger consacre sa vie à son épouse Marylou.
Trente ans plus tard, alors qu’il fête ses 84 ans, Marylou lui demande de reprendre le volant. Avec son mécanicien et ami Jean-Michel, Roger retrouve alors les circuits, l’adrénaline… mais aussi les pannes, les imprévus et toutes les aventures rocambolesques que peut réserver une voiture de course vieille de quarante ans. Peu à peu, ce retour à la compétition devient surtout une façon de retrouver le goût de vivre.
Lorsque Marylou tombe gravement malade, l’histoire prend une autre direction. Avant de mourir, elle fait promettre à Roger de participer à une dernière grande course européenne en son honneur. À un âge où beaucoup auraient depuis longtemps renoncé, il décide donc de poursuivre l’aventure, avec cette promesse comme moteur.
Gaël Métroz a accompagné Roger Rey pendant huit années pour réaliser À tombeaux ouverts. Cette durée donne au documentaire une dimension particulière : le réalisateur ne reconstitue pas une histoire passée, il est là lorsque les événements arrivent, lorsque les projets échouent, lorsque la vie change brutalement de direction et lorsque Roger décide malgré tout de continuer.
Derrière les voitures et la compétition, le film raconte finalement beaucoup plus que le sport automobile. Il parle du deuil, du couple, de l’amitié, du vieillissement et surtout de cette envie de continuer à vivre pleinement lorsque le temps devient précieux.
Un documentaire suisse à la fois touchant, drôle et profondément vivant, porté par un homme qui refuse de considérer l’âge comme une ligne d’arrivée.
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NAZA
| Vevey |
« Des témoignages venus de l’intérieur, et des questions impossibles à esquiver. »
Pendant trois ans, Yuval Abraham et Rachel Szor ont rencontré secrètement des membres de l’armée et des services de renseignement israéliens. Filmés de nuit sur les toits de Tel-Aviv, 24 soldats, officiers et agents anonymisés racontent les mécanismes, les technologies et les processus de décision auxquels ils disent avoir participé pendant la guerre à Gaza.
Le titre lui-même résume une partie du sujet. Dans le film, « NAZA » désigne un terme utilisé pour estimer les pertes civiles susceptibles d’être provoquées par une frappe. Derrière ce vocabulaire administratif, le documentaire cherche à comprendre comment des décisions aux conséquences humaines considérables sont évaluées, autorisées et progressivement intégrées au fonctionnement quotidien d’une guerre.
Yuval Abraham et Rachel Szor, déjà coréalisateurs de No Other Land, choisissent ici de regarder le conflit depuis l’intérieur du système militaire israélien. Les témoignages abordent notamment le renseignement, la sélection des cibles, l’utilisation de technologies automatisées et la place accordée aux victimes civiles dans les décisions opérationnelles.
Le film a suscité de très fortes réactions depuis sa présentation à la Mostra de Venise. Certaines de ses affirmations ont été contestées par l’armée israélienne, tandis que les réalisateurs défendent leur travail comme le prolongement de plusieurs années d’enquêtes journalistiques menées avec The Guardian, +972 Magazine et Local Call.
Récompensé par le Prix spécial du jury à Venise 2026, NAZA est un documentaire dense et frontal qui ne cherche pas à raconter la guerre depuis le champ de bataille, mais depuis les lieux où les décisions sont prises. Un film qui invite surtout à regarder de près les mécanismes qui se cachent derrière les mots, les chiffres et les procédures.
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